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 MERLIMONT, MEMOIRE & PATRIMOINE

Histoire de poilus: Charles CUVELIER (1895 - 1916)

Charles, Anatole, Eugène, Marie-Joseph, CUVELIER voit le jour le 31 mars 1895 à 4h30 à Tourcoing, rue Winoc Chocqueel

Il est le fils légitime de Charles, Jean-Baptiste, Justin, Joseph 35 ans et de Jeanne, Elisa, Anna CORMAN 35 ans

Parcours militaire:

Classe de mobilisation: 1914

Matricule de recrutement: 1131

Incorporé au 254ème régiment d'infanterie.

Arrivé au corps le 15 décembre 1914 sous le matricule 8378 et soldat de 2ème classe.

Nommé caporal en avril 1915.

 

Disparu à Cumières (Meuse)  Avis ministériel du 4 octobre 1916.

Rayé des contrôles le 23 mai 1916. Jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal de Montreuil le 17 octobre 1920 fixant le décès au 23 mai 1916.

 

Citation: Brave caporal mort pour la France à Cumières le 23 mai 1916.

Décorations: Médaille militaire à titre posthume (J.O du 23 janvier 1923)

                       Croix de guerre avec étoile de bronze à titre posthume.

 

Ce jour là, cette semaine là…………………au 254ème R.I

De la fin de 1914 au commencement de 1916, c'est pour le 254ème  R. I., comme pour la plupart des régiments d'infanterie, la guerre d'usure dans tout ce qu'elle a de plus ingrat, et l'on pourrait dire d'anémiant, autant en ce qui touche au moral qu'au physique des combattants. Il faut un continuel appel à toutes les énergies pour maintenir constamment à l'état, de tension voulu, chez nos hommes, les qualités du soldat et ses vertus guerrières.

Tenir un secteur pendant des mois et des mois, avec pour tout horizon, ce qu'on voit par les créneaux étroits des tranchées de 1ère  ligne, en y accomplissant ce travail de Pénélope qu'est l'entretien des organisations défensives sans cesse détruites par le feu et par le fer de l'ennemi, toujours rétablies aussitôt  après le passage de l'ouragan, et jamais achevées, et cela sous la menace perpétuelle de la mort aveugle, qui exerce ses ravages à toute heure et sur tous les points du front, au hasard, massacrant ici quelques isolés au repos, pulvérisant ailleurs
des unités entières sur leurs emplacements de combat ; réaliser, en somme, ce prodige infernal qui s'appelle « tenir » autour de ce village de l'Aisne qui, dans les réalités de l'histoire, portera ce nom de légende : « Soupir ».

Au printemps de 1916, le 254ème  R. I. est sous Verdun ; les points qu'il y occupe se nomment : le Mort-Homme et Cumières.
En avril, au Mort-Homme, le régiment tient le secteur avec 3 compagnies en ligne, de la droite du 151ème   jusqu'à la tranchée en Y près du boyau ; une compagnie en réserve près du P. C. du bataillon ; 2 compagnies dans la tranchée au sud du P. C. enfin 2 compagnies dans le ravin de Chaltan- court, contre le boyau 3 et à l'ouest de ce boyau.

Dans la nuit du 13 au 14, le 254ème R. I. est relevé sur la 1ère  position par le 287ème R.I. dont il prend les emplacements sur la 2ème position.

Le lieutenant-colonel Forest  commandant le régiment, établit son P. C. à l'ouvrage Mollandin.

Nos pertes des 13 et 15 avril sont de :
   Tués : 28 hommes dont un officier (sous- lieutenant Debrie)

    Blessés : 104 hommes dont un officier (sous-lieutenant Kieffer).

En mai, dès le 12, le 254ème  occupe le village de Cumières. La position est tenue comme suit : 3 compagnies en 1" ligne.

Les 19ème et 20ème compagnies face au Nord entre le bois de Cumières et la voie ferrée Verdun - Sedan ;

La 18ème compagnie tenant la route allant de la voie ferrée à la Meuse

Le 6ème  bataillon prolonge le 5ème  bataillon avec en 1ère  ligne les 23ème et 21ème compagnies.
Le secteur reste calme jusqu'au 20 mai, jour où le lieutenant-colonel Théron, du 251ème  R. 1. est nommé au commandement du 254ème R. I.
Les 21 et 22 mai, l'artillerie ennemie effectue un bombardement des positions par obus de gros calibre (150, 210, 305).
La journée du 23 mai 1916, c'est l'hécatombe finale du 254ème  R. I.

A partir de 7 h. 30, bombardement intense de toutes les tranchées de 1ère  ligne et du village de Cumières, les tranchées sont entièrement bouleversées, les caves du village s'effondrent les unes après les autres, ensevelissant la plus grande partie des occupants.

A 11 h. 30, le chef du 5ème  bataillon, commandant Roullet, grièvement blessé, passe le commandement au capitaine Lisbonne, commandant la 18ème  compagnie.
 

A partir de 14 heures, le tir de l'artillerie ennemie s'allonge jusqu'à la lisière Sud du village, couvrant la marche de 2 compagnies d'infanterie qui parviennent ainsi à gagner cette lisière. A leur suite, les vagues d'assaut allemandes franchissent les tranchées que tenait la 17ème  compagnie dont le commandant réussit à se dégager et à ramener quelques hommes, malgré les tirs de barrage ennemis

Dans la nuit, les héroïques survivants du 254ème  R. I. après avoir été relevés par le 267ème  R. 1. se rassemblent au bois Bouchet et Ippécourt, d'où, le lendemain 25 mai, ils sont ramenés vers l'arrière à Saint-André.

Les pertes sont pour le seul 5ème  bataillon, qui a eu à supporter le choc formidable de l'attaque allemande :
Officiers : Tués : 3 (capitaine Lefèbre, sous-lieutenants Caillaux et Thomas)

                 Blessés : 2 (commandant Roullet et X...)

                 Disparus : 4 (capitaine Lisbonne, sous-lieutenants Lagache, Marchand, médecin aide- major Audouv).

Troupe : Tués ou blessés. : 275
 

               Disparus : 100.

C'est à Cumières que le 254ème  R. I. est mort en beauté, le 23 mai 1916.
C'est à Cumières qu'il a été enseveli dans sa Gloire.
Ce nom restera comme le cri de ralliement auquel se reconnaîtront tous les héros du 254ème  R. I. qui ont combattu sous les plis de son glorieux drapeau.
En effet, d'ordre du général en chef, le 254ème  R. I., ses unités n'étant plus que des ombres tragiques, drapées de pourpre, a été supprimé à la date du 11 juin 1916.

Le 5ème  bataillon et la 1ère  compagnie de mitrailleuses sont passés au 267ème  R. I.
Le 6ème  bataillon et la 2ème  compagnie de mitrailleuses sont passés au 287ème  R. I.
Les divers éléments de la C. H. R. ont été répartis entre ces deux régiments.
Et le drapeau a été porté au dépôt de repliement du régiment à Laval, oublié, mais fier du devoir accompli.

En 1919, le colonel Claudon, commandant la 138ème  brigade d'infanterie, soucieux de réparer l'oubli d'une citation à l'ordre officiel pour la sublime hécatombe de Cumières, adressera spontanément de Mayence au commandant du dépôt du 54ème  et 254ème à Compiègne, le témoignage aussi précieux qu'éclatant ci-après :
Pendant les mois d'avril et mai 1916, sous Verdun, le 254ème  R. I. a été constamment à la peine, soit qu'il fut en première  ligne, soit en arrière, travaillant de nuit  sous les obus à rétablir les boyaux de communication.

A Cumières, le 23 mai, sous un bombardement continu d'une  extrême violence, le 254ème  R. I. a eu une  tenue absolument remarquable. Son 5ème  bataillon notamment a été littéralement  écrasé à son poste, faisant payer cher à  l'ennemi ses succès. J'ai encore la vision très nette de l'effroyable bombardement auquel a été soumis ce corps d'élite et la violence des attaques allemandes : c'était devenu un véritable enfer. Tous les témoignages que j'ai pu recueillir ont toujours et tous accordé une conduite magnifique aux officiers et soldats oui ont combattu jusqu'à l'extrême limite des forces « humaines ».
 

Plus d'infos sur son ascendance ici: Famille CUVELIER

 

Sources: Etat civil de Tourcoing

               Ministère de armées

               Archives départementales du Pas de Calais

Photo: Archives familiales

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