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 MERLIMONT, MEMOIRE & PATRIMOINE

Chemin de fer : "Ici, Merlimont Plage !"

Chemin de fer : "Ici, Merlimont Plage !"

Avec ses dunes chaotiques - les plus hautes du littoral - Merlimont a tous les atouts d'une future station balnéaire. Propriété du Comte Ernest de la Haye, les garennes de Merlimont s'étendent sur plus de 800 hectares. 

Vers 1900, ses héritiers vendent une partie des terrains en bord de mer au promoteur César Trezza de Muzella, président de la Chambre italienne de Paris. Ce dernier crée une société immobilière qui découpe et vend des parcelles de dunes de Merlimont-Plage. Cinq chalets s'y dressent bientôt. 

En 1909, le tortillard relie la station à ses deux grandes voisines Berck et Le Touquet. Deux ans plus tard, le jeune station possède un casino et des hôtels, une église est édifiée pour les estivants.

Lors de la Grande Guerre, la station abrite un terrain d'entrainement des tanks et un stockage de munitions.

Durant les années folles, Merlimont-Plage se développe modestement à l'ombre de ses voisines Berck et Le Touquet.

En 1929, la station compte 300 chalets et 3 000 baigneurs. La station s'affiche comme "La plage bénéficiant du climat de Berck… mais sans les hôpitaux et les malades", la réclame précise : un "véritable paysage normand transplanté dans le Pas-de-Calais".

Merlimont a trouvé son créneau ; elle s'impose comme la station familiale, accessible aux estivants plus modestes.

Quand en 1938, la Compagnie des Chemins de Fer de Berck à Paris Plage ferme la ligne, Merlimont s'indigne, la station craint de devenir la "belle au bois dormant"...

Source :

 

La Côte d'Opale d'antan

La Côte d'Opale à travers la carte postale ancienne

·      Auteur(s) : Isabelle Leclercq

·      Editeur(s) : HC Editions

·      Collection : Olivier Bouze

·      Nombre de pages : 126 pages

·      Date de parution : 01/06/2005 

 

 

-13 octobre 2018 :

Quand Merlimont-Plage avait sa gare

(source : patrimoine.hautsdefrance.fr)

La construction de la ligne de chemin de fer Berck - Aire est envisagée dès 1848 et réalisée vers 1877.

En 1889, Alfred Lambert, ingénieur domicilié à Paris, est créateur du chemin de fer d'intérêt local reliant Berck à Rang-du-Fliers, puis concessionnaire, vers 1891, de la ligne Rimeux-Gournay-Berck. Il est, un peu plus tard, le promoteur du prolongement de la ligne Berck-Plage à Berck Terminus et Berck Belle-Vue, au nord de la station, où il est propriétaire, par le biais de la Société des Dunes, d'un terrain qui fut à l'origine du lotissement Belle-Vue.

De manière concomitante, Alfred Lambert demande au Préfet une obtention de concession pour une ligne de chemin de fer reliant Berck-Plage à Paris-Plage (actuellement Le Touquet), qui passerait par la côte et les villages, afin de recueillir et distribuer le fruit de la pêche.

L´ingénieur rapporteur du projet auprès de la commission départementale indique ses réserves et précise qu´il serait préférable de réaliser une ligne « balnéaire », autrement dit desservant uniquement le bord de mer, afin d´attirer les baigneurs.

Malgré la modification du projet, aucune suite ne sera donnée à celui-ci.

En 1899, Charles Roy, entrepreneur de travaux à Etaples, rachète la succession des biens d´Alfred Lambert et autorise M. Malabat, propriétaire de la garenne de Merlimont, domicilié au château d´Ochancourt (Somme) à exploiter le chemin de fer Berck-Plage - Berck Terminus.

Le département du Pas-de-Calais souhaite qu´à la fin de la concession, la propriété de cette ligne lui revienne.

L´année suivante, M. Malabat fait la demande d´obtention d´une concession sans subvention pour la ligne de chemin de fer Berck-Merlimont, qui restera sans suite.

En 1901, le même Charles Roy et son associé Itasse proposent, en tant que concessionnaires éventuels, un projet de ligne de chemin de fer reliant Berck-Plage à Paris-Plage similaire à celui d´Alfred Lambert.

Le tracé d´environ 17 km part de Berck-Plage, se raccorde à la Société des Dunes sur 220 m, suit la côte vers Merlimont-Plage, fait un retour à angle droit vers Merlimont-Village à l´est puis vers Cucq, au nord-ouest, vers Paris-Plage et à proximité de Mayville Plage projetée, puis vers la N 119 pour se terminer au tramway qui relie Etaples à Paris-Plage. 

Chemin de fer : "Ici, Merlimont Plage !"

La commission départementale analyse le projet et donne quelques indications : pour calculer le trafic probable il faut tenir compte du fait que la recette du trafic d'été triple celle d'hiver, que la section la plus fructueuse de la ligne Aire-Berck est celle entre Montreuil et Berck, qui est sans comparaison possible avec celle qui pourrait exister entre Berck et Paris-Plage.

Une estimation sur la recette possible est donnée : si la moitié des baigneurs de Berck et Paris-Plage parcourent au moins une fois dans la saison la ligne entière, et en admettant 30000 baigneurs à Berck et 6000 à Paris-Plage, il y aurait 18000 voyageurs, avec un trajet à 2,99 francs le km, cela fait une recette de 45 900 F. Par ailleurs, la commission souligne que le transport de marchandises est à envisager.

Une variante au tracé de la ligne est proposée par le département : traverser et desservir la forêt du Touquet, afin d´attirer les baigneurs. Les stations à établir pour cette ligne seraient Merlimont-Plage, Terminus, une halte à Cucq et la forêt. Le projet aboutit par l'attribution de la concession de la ligne Berck-Plage - Paris-Plage en 1906 par le département à messieurs Berger (à la place de M. Itasse) et Roy.

L´année suivante une société anonyme se substitue à la concession primitive. Cette société connaît des difficultés et est déficitaire dès sa constitution.

Les matrices cadastrales indiquent que la gare de Belle-Vue sort de la propriété de la compagnie de chemin de fer Berck-Paris-Plage en 1926.

La ligne ferme en 1929.

En 1931, le projet de halle à marchandises de la gare de Berck-Plage est agréé. Le boulevard de la Manche, en projet depuis 1924 et destiné à relier Berck au Touquet, doit arriver au droit du bâtiment des voyageurs. Aucun des deux projets n'est réalisé.

Les lignes Rimeux-Gournay-Berck et Berck-ville-Berck-Plage sont arrêtées en 1955.

La gare de Berck-Plage est transformée en casino. L´espace devenu libre autour de cette gare accueille la médiathèque intercommunale, construite par l´architecte Gwenael Clement, et inaugurée en juin 2010.

Ligne Berck-Plage - Paris-Plage

Tracé et caractéristiques

D'une longueur totale de 17,2 kilomètres, la ligne prenait son origine à Berck-Plage partageant les installations de la ligne Berck-Plage - Paris-Plage, puis s'orientait vers le nord, direction qu'elle ne quittait guère jusqu'à son extrémité.

Le tracé se n'éloignait guère du littoral pour parvenir à Merlimont après avoir traversé les dunes qui bordent la Manche. Quittant cette gare, elle s'éloignait quelque peu de la côte, desservant Cucq, puis parvenait à Paris-Plage après avoir contourné le golf.

Au-delà des installations destinées aux marchandises et du terminus provisoire de Daloz, la voie ferrée parvenait à son terme rue de Paris où elle partageait les infrastructures du tramway d'Étaples à Paris-Plage. L

a topographie étant peu accentuée, la voie ferrée offrait des déclivités faibles (au maximum 16 ).

La voie à écartement métrique était presque entièrement établie en site propre et était équipée en rail du type « Vignole » de 20 kg/m sauf lors de l'arrivée à Paris-Plage où elle était noyée dans la chaussée, bénéficiant de rails plus lourds de 25 à 30 kg/m ; les courbes ne descendaient jamais en deçà de 100 mètres de rayon.

 

À l'exception des deux gares terminus partagées avec les autres réseaux, une seule station intermédiaire jalonnait le parcours, celle de Merlimont-Plage. Cette dernière offrait des caractéristiques peu communes sur les voies ferrées d'intérêt local, par ses dimensions comme par le soin apporté à son esthétique (les installations communes étaient tout aussi soignées).

Le bâtiment-voyageurs était séparé de la halle à marchandises (située en face de celui-ci) et présentait l'aspect d'un édifice en briques agrémentées de chaînages de couleurs différentes et offrant des figures géométriques.

Les autres bâtiments se résumaient à un dépôt-atelier sis à Bellevue-les-Dunes, à quelques centaines de mètres au nord de Berck et d'une halle à marchandises située peu avant la gare de Paris-Plage.

Les arrêts (du sud au nord : Bellevue-les-Dunes, Merlimont-Village, Cucq, Golf, Daloz, Sémaphore) comportaient seulement un quai et étaient matérialisés par un poteau sur lequel une pancarte indiquait l'horaire des trains.

 

Source : Wikipédia (voir ci-dessous)

Chemin de fer : "Ici, Merlimont Plage !"

La gare de Merlimont

Au début du 20ème siècle est né un projet de chemin de fer reliant Berck et Paris-Plage (nom du Touquet à l'époque). Dès 1901, la commune dépense 10 300 francs pour la création de la ligne et de l'arrêt de Merlimont-plage.

Elle est reconnue d'utilité publique en 1906 mais le service fonctionne mal et sera interrompu pendant la guerre. Il reprend en 1919 mais il sera abandonné en 1928 pour être remplacé par des lignes de bus et ce malgré les protestations des élus de l'époque.

La gare de Merlimont offrait des caractéristiques peu communes de par ses dimensions comme par le soin apporté à son esthétique (les installations communes étaient tout aussi soignées).

Le bâtiment-voyageurs était séparé de la halle à marchandises (située en face de celui-ci) et présentait l'aspect d'un édifice en briques agrémentées de chaînages de couleurs différentes et offrant des figures géométriques.

La gare est rachetée au département pour 30 000 francs et la commune y installe une école mixte qui ouvrira en 1933.

Après une décoration intérieure réalisée par le couple Navez, l'Office du tourisme s'y installe en 1988.

L'ancienne gare est aujourd'hui un local dédié aux associations…

Chemin de fer : "Ici, Merlimont Plage !"

Vers la fermeture de la ligne

La faible durée de vie de la ligne (moins d'une vingtaine d'années), une fermeture précoce ne peuvent trouver d'explications dans les simples raisons générales qui ont présidé à la disparition progressive des voies ferrées d'intérêt local  : concurrence routière, déficit chronique à compter des années suivant la Première Guerre mondiale ou la crise de 1929, absence de modernisation, intérêt décroissant des autorités départementales qui accordent avec parcimonie des subventions… 

La ligne fut victime, en plus de ces maux, de handicaps spécifiques conjugués à l'inexpérience en matière d'exploitation ferroviaire de la part de la Société du Chemin de Fer de Berck-Plage à Paris-Plage :

  • Faible longueur de l'itinéraire à laquelle s'ajouta le refus de coopération avec les réseaux voisins (absence de correspondances aux deux extrémités de la ligne, d'interpénétration et/ou du matériel roulant..) pourtant pratiquée sur d'autres voies ferrées d'intérêt local du Pas-de-Calais. Cet isolement conduisit à un alourdissement des charges d'exploitation.
  • Exploitation saisonnière qui conduisit à disposer d'un important parc matériel pour faire face aux pointes de trafic mais dont la majeure partie demeurait inutilisée le reste de l'année.
  • Mise en place, au début de l'exploitation, d'un service intensif dans le cadre d'horaires tendus avec un faible nombre de locomotives qui entraina de nombreux retards et la multiplication des détresses en ligne.
  • Circulation en zone sablonneuse entrainant une usure rapide du matériel et un surcroît d'entretien des installations fixes.
  • Faiblesse du trafic marchandises, non anticipée par la société exploitante, liée au caractère balnéaire et saisonnier de l'itinéraire et à l'absence d'industries susceptibles de générer d'importants tonnages, qui avait nécessité des investissements lourds jamais amortis.

Source : Wikipedia

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