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 MERLIMONT, MEMOIRE & PATRIMOINE

1912 :

Création et bénédiction d’une église à la plage

 Plus ancien cliché de l’église de la plage datant de 1912.

L’église a encore des échafaudages au clocher.

Elle porte le nom de « Notre Dame des Enfants ».

 Après bénédiction, elle devient la

« Chapelle Notre Dame des Anges ».

                                                 Coll. privée

SA  CREATION

En 1900, est créée une Société de la Plage dont l’initiateur est César Trezza de Muzella, président de la chambre de commerce italienne de Paris. Trezza a acquis une propriété d’environ 161 ha 39 ares de dunes. Cette propriété provenait du domaine de la famille de La Haye. Trezza souhaite créer une station balnéaire sur le modèle de ses voisines Berck et le Touquet.  

En 1903, la Société de la Plage n’ayant vendu que 5 ha 81 ares environs , Trezza de Muzella vend ses parts à la Société Anonyme immobilière du Pas-de-Calais.                                   

 En 1911, les parcelles de la Plage se vendant difficilement  faute d’équipements, la Société immobilière décide d'en réaliser certains et de  bâtir une église pour permettre aux « baigneurs » de bénéficier des services du culte.         

Voici le récit de Félix Maillard, curé de Merlimont :

   « L’église fut construite par une société civile, avec des ressources bien modestes dans un but commercial. Elle fut construite en ciment armé susceptible d’agrandissement et selon les besoins de la plage. Au premier juillet 1912, elle fut remise à l’administration de la plage moyennant abandon d’une certaine parcelle de terrain avoisinant l’église, en paiement de la construction. »  (Source : registre de paroisse tenu par Félix Maillard, Archives diocésaines d'Arras). 

René Collard, architecte du cabinet Gruny, réalise des esquisses qu’il soumet au curé de Merlimont Félix Maillard. 

Esquisse de René Collard  1911                        

Avec les agrandissements prévus, la chapelle aurait occupé presque toute la parcelle arrière jusqu’à l’avenue de Flandre. Les guerres ont stoppé ces élargissements.

 

        SA  BENEDICTION

Récit du curé de Merlimont : Félix Maillard  1912 à 1933                                                        

 (1912)                                                                                                  

"Monseigneur Lobbedey, évêque d’Arras, venu à Paris Plage pour la consécration de l’église et le baptême d’un clocher, nous fit l’honneur d’une visite et jugea que l’on pouvait procéder à la bénédiction de l’église de Merlimont Plage dédiée à Notre Dame des Anges.

Sa grandeur délégua à cet effet Mr le chanoine Mailliet archiprêtre de Montreuil. Le 18 Août eut lieu cette cérémonie. Nous lisons dans notre journal local le récit de cette cérémonie » :

« Bénédiction d’une nouvelle église et d’une cloche »

« Dimanche dernier, c’était fête à Merlimont Plage. A huit jours d’intervalle la jeune et jolie station balnéaire donnait la réplique à sa sœur ainée du Touquet. Elle aussi faisait bénir une Eglise et baptiser une cloche.

Cette église sortie du sol comme par enchantement possède, grâce aux habiles architectes qui l’ont conçue et élevée, cette particularité peu banale de pouvoir éclater ses tentes comme Jacob et grandir avec la population. Elle se présente à nous, gracieuse et blanche comme une fiancée, au mieux comme la vierge dont elle va porter le nom.                                                                        

Mr le chanoine Mailliet, archiprêtre de Montreuil, préside la cérémonie, au nom de Monseigneur. Après avoir, selon les rites sacrés, béni l’église à l’extérieur et à l’intérieur, et récité les prières liturgiques, Mr l’archiprêtre, dans un discours remarquable d’une grande élévation d’idées et d’une belle tenue littéraire, commence par faire l’éloge des administrateurs dévoués qui, au moment où les églises sont menacées, couvertes parfois de rides vénérables ou menacent ruines, ont voulu faire une place à Dieu dans la cité nouvelle.

« L’Eglise en effet c’est la maison de Dieu dont personne ne peut se passer ; c’est la maison des âmes, la seule où les âmes trouvent dans la prière, la grâce et les sacrements, la source de la vraie vie. » Mr l’archiprêtre dit ensuite ce que sera l’église Notre Dame des Anges pour cette plage familiale où les enfants, anges des foyers qui se pressent nombreux autour de l’autel comme une couronne vivante, sont l’espoir radieux de leurs maisons, de l’Eglise et de la patrie. »

C’est parmi ces chérubins qu’on avait choisi le parrain et la marraine de la nouvelle cloche, Mr Philippe et Melle Gabrielle Audy, qui a reçu le nom de Cécile Simone.

Après avoir chanté son hymne magnifique à la gloire de nos églises catholiques sans lesquelles la paroisse serait un corps sans âme, Mr l’archiprêtre nous apprend ce que dit la cloche dans sa tour aérienne, les leçons qu’elle nous donne, les appels qu’elle fait entendre par ses harmonieuses envolées.

Ce discours fait la meilleure impression parmi la foule immense qui remplissait le sanctuaire et débordait sur le parvis.                                               

Pendant les longues prières qui précèdent le baptême des cloches, Mr Jules Monquet ( ?) grand prix de Rome pour l’harmonium et le piano, accompagné par Mr Candela premier violon de l’opéra et ses élèves, a joué son œuvre magistrale : « Marche antique ». Mme Lochman, avec une incomparable maestria, a salué Notre Dame des Anges par l’Ave Maria de Gounod et Mr Candela a interprété l’hymne à Ste Cécile du même maître.

Il n’y a pas de baptême sans dragées et Dieu sait s’il y en eut ? Il y en eut pour tout le monde. Ce fut une véritable pluie aussi abondante que celle du ciel mais mieux accueillie. Mr et Mme Audy font bien les choses.

En résumé, ce fut un beau jour, l’allégresse brillait dans tous les yeux. Quand la nouvelle cloche, du haut de son campanile ajouré, jeta les premières notes argentines, ce fut un enchantement général. Mr le curé de Merlimont, le pasteur dévoué de la nouvelle église, l’habile organisateur que l’on connait, a dû être content de cette 1ère journée qu’il pourra inscrire en lettres d’or au registre paroissial de Notre Dame des Anges. »

                                     Archives diocésaines d’Arras.

 

SIGNATURE  d’UN  BAIL

Le  24 Août 1912, un bail est signé entre la société anonyme de la Plage représentée par Alexis Chevillon et la paroisse de Merlimont représentée par son curé Félix Maillard. Les impôts concernant ce bien sont à la charge de la société, la paroisse ayant à sa charge les frais occasionnés par le culte et bénéficiera des dons , quêtes…. La paroisse paiera un loyer de 20 francs par an.

 

 

                              (Archives diocésaines d'Arras)

 

  ETABLISSEMENT DU CULTE

25 Août. Le Dimanche 25 Août avec l’autorisation de Monseigneur nous avons commencé le service du culte. Une 1ère messe à 8 h ½ et une seconde à 10 h ½. Mr Guilbert prêtre habitué à Merlimont disait la messe à l’église de Merlimont village et il en fut ainsi jusqu’au 22 Septembre, fin de la saison. 

22 Septembre. Bénédiction d’une statue de Notre Dame des Anges patronne de l’église, statue offerte par Mr Roger, docteur à Paris, et en villégiature à Merlimont.                   Aux vêpres, Mr Guilbert prêtre habitué, prit la parole et charma l’auditoire par une instruction belle et solide écoutée avec recueillement.           

8 Octobre 1912.  Le 1er Octobre, la plage étant déserte, les baigneurs ayant réintégré leur domicile, l’église fut fermée en attendant la saison nouvelle.

Saison 1913.  Du mois d’Octobre 1912 au mois de juillet 1914 l’église fut fermée. Grand désaccord entre l’administration, la société civile et les architectes et entrepreneurs. Pour travail imparfait l’affaire est entre les mains des juges. Nous n’avons rien à voir à cette complication.                              

Nombreux dons pour meubler l’église : un autel, deux bénitiers offerts par Mr Collard… missels…chasubles ».

       Registre de paroisse  Archives diocésaines d’Arras.

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